Les urgences parodontologiques


En soin dentaire, la parodontologie est une discipline relative à la santé des gencives. Pour le praticien, l’enjeu est de prévenir et diagnostiquer les différentes pathologies parodontales. Cette problématique se manifeste sous la forme de déchaussement ou de chutes soudaines de la dentition. Dans certains cas, la parodontologie vise aussi à soigner une récession gingivale, sous la forme d’une greffe de gencive par exemple.

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Troubles parodontologiques : 2 cas cliniques

1. La parodontite
La parodontite est une maladie qui se manifeste par le déchaussement des dents. Il s’agit d’une infection bactérienne qui attaque les gencives et les os soutenant la dentition. L’accumulation des bactéries, si elle n’est pas prise à temps, peut conduire à une chute soudaine des dents.


Aujourd’hui, on estime que près de 80 % de la population occidentale est touché par la parodontite. Cette maladie chronique se traduit par différents symptômes comme :
  • Des gencives rouges et enflées
  • Un saignement au moment du brossage
  • Des dents mobiles
  • Une haleine putride
  • Une rétractation des gencives

Pour traiter une parodontite, un praticien va commencer par désinfecter les tissus touchés. Le protocole peut cependant varier selon le stade de la maladie (détartrage, surfaçage, chirurgie parodontale, mise en place d’une hygiène dentaire stricte).


2. La récession gingivale
La récession gingivale se traduit par un déplacement progressif de la gencive. Cette maladie entraîne la découverte progressive des racines dentaires. Le support parodontal des dents s’en trouve altéré, ce qui provoque une sensibilité de la gencive. Face à ce cas clinique, le praticien fait appel à la chirurgie esthétique.

Celle-ci a pour mission de rectifier les imperfections de la gencive. Une greffe des gencives est souvent envisagée afin de recouvrir la racine dentaire exposée. Le greffon utilisé provient le plus souvent du palais ou de la gencive du patient. Cette prestation a l’avantage de rectifier significativement la gêne esthétique occasionnée.

Le patient doit patienter généralement quelques semaines afin de constater une cicatrisation complète. Pour accélérer le processus de guérison, l’arrêt du tabac et la mise en place d’une hygiène dentaire rigoureuse sont conseillés.



Urgences parodontologiques : comment réagir ?

1. Abcès endodontique

Description et symptômes

L’abcès endodontique est plus familièrement connu sous le nom d’abcès Phoenix. Il se traduit par l’apparition d’un amas purulent localisé dans le périapex. À ce jour l’abcès endodontique représente près de 43 % des urgences dentaires.


Il se caractérise par une prolifération des bactéries anaérobie (bactérie vivant dans un milieu sans dioxygène). En phase aiguë, le patient peut constater les symptômes suivants :
  • Une douleur intense en continu
  • Une forte pression sur la dent touchée
  • Des poussées de fièvre et des migraines
  • La sensation de dents « longues » et mobiles.

Traitement d’urgence préconisé

L’abcès endodontique exige une prise en charge immédiate d’un praticien de santé. Ce dernier procède alors à un drainage de la collection de pus. L’intervention est envisagée sur une période de 48 heures, avec une ouverture du réseau canalaire.

Le nettoyage canalaire peut être associé à la mise en place d’une antibiothérapie. De plus en plus de praticiens remplacent cependant cette thérapeutique conventionnelle par un protocole au laser.

Ce dernier permet de regrouper les différentes phases du protocole originel en un seul temps opératoire. Il ne nécessite aucune prescription médicamenteuse et permet une décontamination bactérienne optimale.


2. Abcès parodontologique

Description et symptômes

L’abcès parodontal est également connu sous les termes d’abcès latéral ou pariétal. Elle se caractérise par une inflammation purulente des tissus parodontaux. Ce phénomène trouve différentes explications, comme :
  • la présence d’une lésion intra-osseuse
  • la présence d’une parodontite non traitée
  • après un détartrage
  • après un acte chirurgical (dans le cadre d'une réaction à un corps étranger).
  • après une antibiothérapie sans débridement sous-gingival.

Le patient atteint de ce trouble souffre généralement d’une gencive rouge, douloureuse et gonflée.

Traitement d’urgence préconisé

La réalisation d’une radiographie sert à dévoiler la présence d’une lésion endodontique associée. Dans un premier temps, le praticien va stopper la détérioration des tissus de soutien et enrayer les différents symptômes cliniques. En fonction de l’avancement de la maladie, différentes options s’ouvrent à lui comme :
  • Une extraction dentaire (pour les cas les plus graves)
  • Un drainage et débridement sous-gingival
  • Une extraction du corps étranger (si l’abcès est dû à cette cause)
  • Une antibiothérapie
  • Une intervention chirurgicale (si l’abcès est associé une lésion intra-osseuse ou un fragment de tartre)

Dans le cas d’un abcès parodontologique, un suivi rigoureux est préconisé après stabilisation de la maladie. Un traitement parodontal peut être envisagé, surtout si l’on observe une récurrence dans l’apparition des abcès.

3. Dents mobiles ou déchaussées

Description et symptômes

Les dents qui se déchaussent ou qui bougent constituent un phénomène courant en parodontologie. Généralement le patient a l’impression que ses dents s’allongent, en lien avec un problème majeur de gencives.

Un déchaussement des dents est lié à une rétractation de la gencive sur la dent. Par conséquent, la gencive ne joue plus son rôle de stabilisateur de la dent. Il est urgent d’intervenir dans les plus brefs délais sur une dent mobile, sans quoi elle risque de tomber. Le déchaussement des dents est lié à la présence de tartre sur les dents ou dans les sillons gingivaux.

Lorsqu’une gingivite a été négligée, une parodontite peut s’installer jusqu’au déchaussement des dents. On assiste à la création d’une poche parodontale, entre la gencive et la racine qui va favoriser l’accumulation de bactérie.

Le déchaussement des dents peut avoir de multiples origines comme :
  • un facteur héréditaire
  • une absence de suivi chez un praticien
  • une mauvaise hygiène dentaire
  • le bruxisme (grincement des dents pendant le sommeil)
  • l’âge
  • une pathologie parodontale

Traitement d’urgence préconisé

Dans ce cas de figure, un acte chirurgical est préconisé pour stopper la rétractation de la gencive. L’enjeu est de recouvrir la racine de la dent exposée, ou bien de la fixer afin qu’elle ne bouge plus. Une greffe de gencive représente un atout esthétique majeur. Cette dernière permet aussi aux tissus gingivaux de gagner en résistance. Dans le cadre d’une dent perdue, la pose d’une prothèse sera aussi envisagée.

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